Atelier des doctorants CRAL-EHESS/Fonds Ricœur 2020-2021 : « Corps, narration et affectivité : enjeux d’une philosophie de la volonté »

Atelier des doctorants CRAL-EHESS/Fonds Ricœur 2020-2021 : « Corps, narration et affectivité : enjeux d’une philosophie de la volonté »


Responsables


Jean-François Houle (Fonds Ricœur/EHESS ; Université Laval)
• Alessandro Colleoni (Fonds Ricœur/EHESS ; Fondazione San Carlo ; Modène)
Monica Gorza (Fonds Ricœur ; Sorbonne Université)

 

Page web du séminaire



Séance introductive - Mercredi 21 octobre 2020 - La philosophie de la volonté : questions de méthode
 

La première séance de l'Atelier des doctorants du Fonds Ricœur/CRAL - Centre de Recherches sur les Arts et le Langage, qui a cette année pour thème « Corps, narration et affectivité : enjeux d’une philosophie de la volonté », aura lieu mercredi 21 octobre 2020 à partir de 9h30 à l’Institut protestant de théologie de Paris (Salle 21, 83 Boulevard Arago, 75014 Paris). L’atelier est animé cette année par Alessandro Colleoni, Monica Gorza, Jean-François Houle. En raison des limitations de places liées à la situation sanitaire, les intéressés sont priés de signaler leur participation à la séance en adressant un courriel à l’adresse atelierhermeneutique@gmail.com 


Programme de la séance 



9h30-9h45 Introduction
 
9h45h-10h00 : Alessandro Colleoni (Fondazione San Carlo, Modène - CRAL\EHESS) - Faits, essences, existence. Sur la méthode descriptive du Volontaire et l’involontaire
 
10h00-10h15 : Jean-François Houle (Université Laval - CEMS\EHESS) - L’abstraction de la faute et de la Transcendance et son effet sur la philosophie de l’affectivité
 
10h15-10h30 Discussion
 
10h45-11h00 : Monica Gorza (Sorbonne Université) - Corps, narration et affectivité : une généalogie conceptuelle
 
11h00-11h30 Discussion


 

Deuxième séance – Mercredi 18 novembre 2020

- Corps et motivation : entre volontaire et involontaire


La séance aura lieu en ligne et sera animée par Jean-François Houle, Monica Gorza et Alessandro Colleoni. Les personnes désirant obtenir le lien pour participer à cet atelier sont invitées à envoyer un courriel à l’adresse suivante : atelierhermeneutique@gmail.com


10h30-10h45 Introduction


10h45-11h15 Première intervention :


Intervenant : Baptiste Stehlin (Université de Liège) - « Le corps, au centre de la motivation »


Résumé : L’une des thèses centrales du premier tome de la Philosophie de la volonté de Paul Ricœur est que le volontaire et l’involontaire ne peuvent se comprendre l’un sans l’autre. Dans cette perspective, l’expérience de la motivation exige que l’on ne se contente ni d’expliciter la décision comme un décret arbitraire, ni de réduire le motif à une cause. Dès lors, il s’agit pour Ricœur de se départir du préjugé selon lequel l’originalité de la motivation résiderait dans sa rationalité et son opposition au déterminisme des désirs et des besoins. Il faut pouvoir inclure dans le « champ total de motivation » les tendances corporelles au même titre et sur le même plan que tout autre motif. Pourtant, ces sollicitations corporelles semblent à première vue prendre la forme d’une impulsion motrice que de véritables raisons d’agir. Comment dès lors le corps peut-il mouvoir une volonté selon, comme le dit Ricœur, « une motion que notre arbitre adopte en décidant » ? Nous tenterons de répondre à cette question à partir d’une lecture du chapitre II de la première partie de l’ouvrage. Nous reviendrons d’abord sur la distinction fondamentale entre motif et cause ; nous examinerons ensuite comment la compréhension ricœurienne du besoin comme motif révèle l’ancrage corporel de valeurs spécifiques ; ainsi, nous espérons montrer que pour Ricœur, le corps n’est pas seulement une « source » de motifs, mais occupe une place centrale dans toute motivation.

 

11h15-11h45 Deuxième intervention :


Intervenante : Siliang Zhu (École Normale Supérieure) - « De la distinction entre l’attribution et l’imputation en fonction du besoin et de la motivation involontaire »


Résumé : Obtenir du plaisir après la satisfaction du besoin, c’est ce que nous pensons généralement être le centre du mécanisme de la motivation. Cependant, sous la contrainte et la pression, les limites de l’action sont augmentées. Dans ce cas, quelle est la motivation de l’action ? Suis-je responsable de mon action lorsque la volonté est limitée ? Pour répondre à ces questions, il est nécessaire de clarifier la différence entre l’attribution de l’action à un sujet et l’imputation, cette dernière jouant un rôle important dans la refonte de la dimension éthique du sujet dans la philosophie de la volonté de Paul Ricœur. En même temps, une condition préalable importante pour effectuer cette distinction est l’identification de la motivation d’une action et sa reconnaissance par l’agent. Cependant, la motivation elle-même n’apparaît pas toujours directement dans l’action. À cet égard, Ricœur rejette la conception du besoin comme un sentiment interne ou une réaction organique ainsi que l’idée selon laquelle la motivation serait la cause de l’action. Il plaide pour une réinterprétation du besoin sur la base du principe de la réciprocité entre le manque et l’impulsion, excluant ainsi la possibilité de s’en tenir à une simple description physique de l’activité volontaire. C’est cette réinterprétation du besoin telle qu’elle prendre forme dans le cadre de la théorie de la volonté de Ricœur que nous examinerons, ainsi que le sens du caractère involontaire de la motivation remis de l’avant par cette théorie.


11h45-12h00 Pause


12h00-12h30 Discussion

 


Troisième séance – Mercredi 16 décembre 2020, 10h30-12h30
 - Décision et narration : d’une “histoire” à l’autre


La prochaine séance de l’Atelier des doctorants du Fonds Ricœur aura lieu en ligne et sera animée par Jean-François Houle, Monica Gorza et Alessandro Colleoni. Les personnes désirant obtenir le lien pour participer à cet atelier sont invitées à envoyer un courriel à l’adresse suivante : atelierhermeneutique@gmail.com

 

10h30-10h45 Introduction : Monica Gorza


10h45-11h15 Première intervention :


Intervenant : Charles-André Mangeney (Paris I Panthéon Sorbonne)
Titre : « De la décision impossible à la décision racontée : la dialectique de la motivation comme condition de possibilité d’une histoire de la décision dans la Philosophie de la volonté de Paul Ricœur »


Résumé : Selon la formule de Ricoeur, une décision est par essence « le dénouement d’une histoire qu’elle brise et accomplit à la fois » (Le Volontaire et l’Involontaire, p. 212). Incompréhensible sans ses antécédents, la décision leur est pourtant irréductible. Cette communication se propose de montrer comment Ricœur va tenter, avec cette dialectique de la motivation sans détermination, d’échapper à l’alternative de la liberté d’indifférence et du déterminisme par les motifs. Sa visée est de rendre possible une véritable « histoire de la décision » – ouvrant ainsi la possibilité d’une mise en récit et d’une narration de la prise de décision par laquelle l’agent pourra s’en reconnaître comme l’auteur. D’un côté, en effet, la thèse de la liberté d’indifférence condamne la prise de décision à une histoire sans fin, et, de l’autre, la thèse de la détermination par les motifs la condamne à une histoire qui n’a jamais débutée. D’un côté comme de l’autre, la décision est donc sans histoire et, par suite, immune à toute forme de mise en récit. Il s’agira donc pour nous de problématiser et d’éprouver la consistance de la solution ricœurienne, en restituant d’abord les éléments principaux de la phénoménologie de l’attention rendant possible le libre déploiement temporel des motifs dans la délibération, avant de déterminer comment ce déploiement permet à Ricœur de penser une identité en « maturation » ainsi que le « développement d’un sujet [l’agent] ».


11h15-11h45 Deuxième intervention :


Intervenante : Dimitra Giannakou (École des Hautes Études en Sciences Sociales)


Titre : « L’émergence du sens métaphorique du Temps à travers la construction des images filmiques - Avec ‘LE PASSÉ DEVANT LE CARACTÈRE’ »


Résumé : Dans Temps et récit III, Ricœur souligne la complexité de notre expérience temporelle, en insistant sur la possibilité, pour la fiction, « de détecter et d’explorer certaines de ces significations temporelles que le vécu quotidien nivelle ou oblitère » (p. 276). À partir de cette suggestion, notre propos s’interroge sur la conceptualisation métaphorique du temps par les caractères du film. Comment le passé est senti et vécu par un personnage de la fiction cinématographique ? Et quel est-il l’impact qu’une certaine perception « fictive » de l’arc temporel pourrait créer sur le spectateur ? Or, l’histoire qu’un film nous raconte est indissociable des images. Voilà pourquoi ces thèmes seront problématisés à partir d’une scène tirée du film Amour (Haneke, 2012) qui illustre le concept métaphorique « LE PASSÉ EST DEVANT LE CARACTÈRE » (et le spectateur). Cette idée du temps, présente chez les Aymara, interprète le Passé Devant et le Futur Derrière l’observer (Núñez & Sweetser 2006). Bien que cette interprétation de l’expérience temporelle soit loin de la conception occidentale, elle sollicite les notions ricœuriennes de réfiguration et de mimésis. Par le biais du Modèle de l’Intégration Conceptuelle des Fauconnier & Turner, outil d’analyse à la fois de la construction des images filmiques et de leur intégration pour l’émergence du sens métaphorique, cette communication interdisciplinaire vise à explorer et articuler la manière dont la fiction « effectue le sens universel [du Temps] dans une figure singulière » (TR III, p. 193). 

 

11h45-12h00 Pause


12h00-12h30 Discussion

 

Prochaines séances


16 décembre 2020, 20 janvier 2021, 24 février 2021, 24 mars 2021, 14 avril 2021