Atelier des doctorants CRAL-EHESS/Fonds Ricœur 2019-2010 : « L’herméneutique face aux défis du contemporain »

Première séance : Après le postmoderne, quoi ? - Jeudi 17 octobre 2019

 

Lieu : Salle de la bibliothèque du Fonds Ricœur – Institut Protestant de Théologie – 83 Boulevard Arago – 75014 Paris

 

Responsables

 

- Alessandro Colleoni (Fonds Ricœur ; Fondazione San Carlo – Modène)


- Francesca D’Alessandris (Fonds Ricœur/EHESS ; Fondazione San Carlo – Modène)

 

Présentation du séminaire

 

Programme


10h30-11h Introduction


11h-11h30 Rafael Barros de Oliveira (Université Paris Nanterre) - Quelle ontologie du sens ? Gadamer, Habermas, Ricoeur et Derrida


Résumé : Face à la crise du sens – conséquence de la fragmentation des narratives concurrentes toujours en choc – comment penser les enjeux politiques de l’interprétation ? Or, si la possibilité du sens elle-même est mise en question à partir du déclin des « grands récits » à la « postmodernité », il faut prendre du recul et poser une question logiquement précédente à celle-là : le sens est-il encore possible ? Lorsque l’on assume la situation sociohistorique dans laquelle nous sommes immergés, la question se déploie et assume une inflexion sur le présent : après l’indisposition d’un métarécit, que peut encore être le sens ? Quelles sont les relations de significations possibles ? Je propose de mener une réflexion sur ces questions à partir des débats qui opposaient Hans-Georg Gadamer et Jürgen Habermas, d’un côté, et Gadamer et Jacques Derrida de l’autre. Je propose l’ontologie « fragmentée » ou « brisée » de Paul Ricœur non seulement comme notion qui permet organiser les oppositions citées, mais surtout comme concept-clé pour construire une dialectique du sens qui puisse faire face aux défis de notre époque.

 

11h45-12h15 Regiano Bregalda (Passo Fundo) - La constitution du sujet, le récit et le lien avec la formation humaine. Perspectives ricoeuriennes


Résumé : La modernité est marquée par multiples défis qui affectent les dimensions personnelles et interpersonnelles du sujet. Ce contexte est renforcé par sociétés reconnues comme plurielles et complexes, indéniablement marquées par une accélération des changements sociaux, par l’individualisation du sujet et par les nouveaux rôles sociaux. Jean-François Mattéi affirme que cette civilisation est marquée par la « barbarie intérieure », c’est-à-dire, par « l’effondrement de l’homme et sa régression à la violence nue de signification ». Ce manque de sens et de signification empêche la capacité de réflexion, celui qui donnerait au sujet les conditions de faire par soi-même la lecture du monde, de se former et d’auto-former, ce qui rend difficile la prise de responsabilité avec soi-même et les autres dans les événements de la vie. La pensée de Ricoeur dénote quelques contributions pour discuter ces thèmes. Principalement, parce qu’il dialogue avec de nombreuses traditions théoriques, ce qui lui donne une légitimité de pensée. Deuxièmement, parce qu’est guidé par une méthode réfléchissant-phénoménologique, en ayant le vécu comme fondement de ses réflexions ; et, aussi, parce qu’il est un auteur qui cherche à comprendre et à problématiser le sens de la vie, en s’ancrant dans la perspective narrative herméneutique. C’est en vue de cet horizon que nous soulignons notre problème de recherche, qui consiste à mettre en évidence la force de la narration en tant que formatrice du sujet.
12h15-13h Discussion

 

Prochaines dates : 14 novembre 2019, 12 décembre 2019, 23 janvier 2020, 13 février 2020, 12 mars 2020, 16 avril 2020, 14 mai 2020.